Vaillance et Sourire

Le vécu disséqué par les Colons & Colonnettes

Les photos de l’album, remises dans l’histoire

Les pages de l’album des anciens mêlaient coupures de presse, récits manuscrits et photographies collées. Ici, seules les photographies sont reprises — découpées et agrandies — et chacune est replacée au passage d’histoire qu’elle éclaire, dans l’ordre où le récit la rencontre.

Les légendes reproduites sont celles de l’album, sans ajout. Les personnes et les dates ne sont pas toutes identifiées : ce qui reste incertain est signalé plutôt que deviné, et chaque photographie conserve le lien vers la page d’origine, où l’on peut relire le contexte.

83 photographies · 20 passages · 56 pages sources

Passage 1 · 1940–1941

Le vicaire de Saint-Rémy, les Corps Francs et la croix de guerre

Deux coupures de la « Vigie de Dieppe », parues en février et en mars 1940, ouvrent l'album. Elles racontent l'abbé Jean Cesné, vicaire à Saint-Rémy de Dieppe, mobilisé dès le premier jour de la guerre, qui avait demandé à faire partie des Corps Francs — les unités d'avant-postes chargées des patrouilles et des coups de main. Il y fut grièvement blessé d'une balle au coude droit.

« Samedi dernier 2 mars, à midi, le jeune prêtre a reçu, sur son lit d'ambulance, la croix de guerre avec étoile de vermeil », des mains du général de division, avec citation pour « la bravoure exemplaire » du blessé et « son ascendant remarquable sur ses camarades ». Le bras ne put être opéré : il n'a pas été sectionné, mais est resté mutilé.

Dominique, un ancien colon, se souvenait que le père Cesné saluait le drapeau de la main gauche. Il avait été mobilisé en 1939 en tant qu'aumônier volontaire des Corps Francs. Sur la même page, l'album garde les rassemblements des Cœurs Vaillants de 1941 : les troupes devant le monument aux morts, la citation des chefs, les défilés.

« Les troupes devant le Monument aux Morts (1941) », légende de l'album.

« Les troupes devant le Monument aux Morts (1941) », légende de l'album.

Page 3 de l’album ↗
« Citation des Chefs (1941) », légende de l'album.

« Citation des Chefs (1941) », légende de l'album.

Page 3 de l’album ↗
« Haut les Cœurs Vaillants (1941) », légende de l'album.

« Haut les Cœurs Vaillants (1941) », légende de l'album.

Page 3 de l’album ↗

Passage 2 · Juillet 1942

200 enfants partent ; le préfet passe à Ernemont-la-Villette

« Le sourire aux lèvres, du soleil plein le cœur, les Cœurs Vaillants et Âmes Vaillantes de Saint-Jacques de Dieppe, au nombre de 200, sont partis mercredi dernier […], les petites filles à Bures-en-Bray, les petits gars à Tréforet » : la coupure est datée du 3 juillet 1942. Sur le quai de la gare s'étaient trouvés l'archiprêtre, l'abbé aumônier des Hospices et le conseiller général Henri Richard. Le nom de l'aumônier cité par le journal n'est pas d'une lecture sûre.

Le 14 juillet 1942, la « Vigie dieppoise » raconte la visite de M. le Préfet, accompagné du sous-préfet de Dieppe et de M. Henri Lebret, chef de division chargé du ravitaillement : ils se rendent à la colonie d'Ernemont-la-Villette pour constater « l'excellent état matériel et moral des 250 enfants ». L'abbé Cesné, directeur de la colonie, les rejoint ; ils sont reçus par l'abbé adjoint — nom peu lisible — et par les fanions d'honneur des Cœurs Vaillants et Âmes Vaillantes.

L'album titre cette page « Journée du Souvenir : 14 juillet » : la date manuscrite, 1940 ou 1942, n'est pas certain.

« Salut au Drapeau 1942 », légende de l'album.

« Salut au Drapeau 1942 », légende de l'album.

Page 3 de l’album ↗
« Château d'Ernemont La Villette (1942) », légende de l'album.

« Château d'Ernemont La Villette (1942) », légende de l'album.

Page 3 de l’album ↗
« Journée du Souvenir : 14 juillet », date manuscrite 1940 ou 1942.

« Journée du Souvenir : 14 juillet », date manuscrite 1940 ou 1942.

Page 3 de l’album ↗

Passage 3 · 1942–1944

Évacuer les enfants de Dieppe, à la demande de la Sous-Préfecture

« De 1942 à 1944, la Sous-Préfecture souhaitait l'évacuation des enfants de Dieppe afin d'échapper aux bombardements et avait confié cette charge et cette lourde responsabilité au Père Cesné. » L'album en attribue l'historique à Monique Peltier, présente de 1941 à 1944, « une assistante solide, courageuse et surtout vaillante pour oser affronter l'aventure ».

Le père Jean Pasquet « fut un photographe passionné » : il a fixé les temps forts de cette période et des époques suivantes. Une légende garde « le Père Hauchard et sa Roulante ». La guerre finie vient « le retour des filles et des garçons à Dieppe », que l'album illustre d'un château, celui de Cuy-Saint-Fiacre.

« Château de Cuy Saint Fiacre », légende de l'album.

« Château de Cuy Saint Fiacre », légende de l'album.

Page 3 de l’album ↗

Passage 4 · 1946–1950

Le chalet du père Simond : « c'est là que tout a commencé »

La page s'ouvre sur un adieu : « Ainsi finissent les souvenirs de l'ancien chalet du Père Simond… ET POURTANT… C'EST LÀ QUE TOUT A COMMENCÉ », avec les années 1946 et 1950. Jusqu'en 1950, les bâtiments de la colonie sont de simples granges en bois à claire-voie, faites pour sécher le foin, en contrebas de la chapelle de Salvagny. Le rez-de-chaussée sert de réfectoire avec tables et bancs de bois ; les dortoirs, atteints par des marches de bois, n'ont que des châlit superposés et des paillasses — et, à la fin du séjour, les colons jettent la paille dans le Giffre, ou la brûlent.

La « Roulante », cuisine rescapée de la guerre 14–18, continue de nourrir tout le monde ; on l'a baptisée « la Désirée ». Ces années sont celles du ravitaillement : les parents vivent encore avec les tickets délivrés par la mairie, le père Cesné distribue une ration de pain dont la taille suit l'âge, et va chercher denrées et matériel jusqu'en Suisse — le douanier demande « Rien à déclarer ? », le Père répond très poliment que non, alors que les achats sont cachés à ses pieds.

Le texte de 1946 à 1950 insiste sur les rituels devenus invisibles : le lever des couleurs sur la route de Salvagny, la remise des décorations en plein village et au milieu de la route, en présence des pères Dole et Pasquet, le père Jean en soutane, sœur Marie Bertille en corsage, et une exposition dont le fronton portait les notes « DO MI SI LA DO RE ».

« Chalet du Père Simond », légende de l'album, page titrée « Ainsi finissent les souvenirs de l'ancien chalet du Père Simond… 1946 ↓ 1950 ».

« Chalet du Père Simond », légende de l'album, page titrée « Ainsi finissent les souvenirs de l'ancien chalet du Père Simond… 1946 ↓ 1950 ».

Page 6 de l’album ↗
« Le Chalet », légende imprimée de l'album.

« Le Chalet », légende imprimée de l'album.

Page 4 de l’album ↗
« … une remise de décorations en plein village et au milieu de la route », légende manuscrite.

« … une remise de décorations en plein village et au milieu de la route », légende manuscrite.

Page 7 de l’album ↗
« Notez la présence des PÈRES DOLE et PASQUET », légende manuscrite.

« Notez la présence des PÈRES DOLE et PASQUET », légende manuscrite.

Page 7 de l’album ↗
« … Le Père Jean en soutane !!! », légende manuscrite de la page « CE QUI NE SE VERRA PLUS… A LA CROIX DE COMMUNE… ».

« … Le Père Jean en soutane !!! », légende manuscrite de la page « CE QUI NE SE VERRA PLUS… A LA CROIX DE COMMUNE… ».

Page 8 de l’album ↗
« Sœur Marie Bertille en corsage !!! », légende manuscrite (attribution d'après la position sur la page).

« Sœur Marie Bertille en corsage !!! », légende manuscrite (attribution d'après la position sur la page).

Page 8 de l’album ↗

Passage 5 · 1946–1947

Les premiers récits : la petite de dix ans, le calvaire et la cascade

1946 : les parents d'Arlette, domiciliés à Saint-Nicolas-d'Aliermont, viennent demander à l'abbé Cesné, à la paroisse Saint-Rémy, d'emmener leur fille en août — le médecin a conseillé le bon air de la montagne. Réponse : « Impossible cette année, les enfants de Dieppe sont prioritaires. Mais votre fille sera acceptée pour la Colo de 47. » Il a tenu parole.

1947 : « J'étais âgée de 10 ans et je prenais le train, pour la première fois de ma petite vie d'enfant, de Dieppe jusqu'à la gare Saint-Lazare ». À Paris, le sac à dos trop lourd la fait tomber et elle voit partir les filles. De Salvagny, elle écrit à ses parents qu'elle ne voit « pas assez de ciel bleu » et qu'elle s'ennuie ; elle n'a pas d'uniforme mais un béret et des bottines, elle a peur dans les Gorges des Tines, et elle est enthousiasmée par les feux de joie et les jeux scéniques.

Claude, en 1947, se souvient du dortoir : « la nuit […], nous entendions des gamins soupirer et pleurer », des garçons de 10 et 11 ans qui s'ennuyaient de leurs parents. La nourriture est insuffisante : une seule tartine au goûter et un quart de litre de lait Nestlé ; quelques adolescents affamés décident de partir prendre le train à Annemasse, et les gendarmes les rattrapent en gare. Max déteste les latrines, installées près du torrent ; Nicole se souvient des lavabos du sous-sol et de l'eau glacée. Chaque soir, les prières se font au pied d'un calvaire — et le lieu de recueillement change chaque soir, ce qui fait autant de pas pour digérer. Au réveil, à travers les interstices des parois, la cascade du Rouget, « la Reine des Alpes », efface le froid de la nuit.

« La Cascade du ROUGET, la Reine des Alpes », légende de l'album.

« La Cascade du ROUGET, la Reine des Alpes », légende de l'album.

Page 11 de l’album ↗
Charrette chargée de pain au village ; cette photographie ne porte pas de légende nominative.

Charrette chargée de pain au village ; cette photographie ne porte pas de légende nominative.

Page 14 de l’album ↗

Passage 6 · 1950–1959

Le voyage : train de nuit, tortillard, puis le car

Le livret sanitaire conservé par l'album porte l'en-tête de l'« Union française des colonies de vacances et œuvres du grand air », 50 rue de Vaugirard à Paris, et le nom d'une petite coloniste, Denise Gosselin, pour les années 1950-51-52. L'infirmière qui assurait la pesée des garçons surnommée « Toutoune » utilisait un « Peson », antique balance à contrepoids ; la pesée était suivie du poudrage anti-poux.

« Nous étions 8 gamins par compartiment de 3ème Classe » : les sacs à dos et les valises couchent deux enfants au sol, quatre autres sont posés tête-bêche sur les banquettes, les deux derniers dans les filets débarrassés de leurs bagages. Elizabeth, elle, se souvient du train de nuit parti de la gare de Lyon, des sièges en moleskine verte et des quatre photos de paysages accrochées aux parois — dont une du Pont-du-Gard, donnée plus tard par un ancien cheminot. Les petits Normands s'étonnent des vaches toutes blanches en traversant le Charolais, et le petit-déjeuner, à Annemasse, est du pain avec de la Vache qui rit.

À Annemasse, il faut prendre la correspondance du « tortillard » pour Sixt : le plancher est à claire-voie, le train s'arrête à chaque gare de village pour les voyageurs, les commandes et les journaux. À la descente, le père Cesné attend les colons, et les nouveaux venus « écarquillaient leurs yeux pour admirer les montagnes ». Le plus souvent, on rejoint Salvagny à pied, « pedibus cum jambis », les bagages des plus jeunes partant en remorques. Au retour, le repas du soir est pris en pique-nique sur la place de la gare d'Annemasse, 170 gamins groupés par légion et assis en étoile, sous les yeux de l'abbé Pierre Labalette. Le tortillard supprimé, le car prend le relais : vingt heures environ, avec l'imperméable, un pull pour la nuit et des chaussures bien ressemelées.

Départ pour la colonie le 5 août 1957 à la gare routière de Dieppe — Jocelyne, Joëlle et Maryse Planque (lecture de l'album).

Départ pour la colonie le 5 août 1957 à la gare routière de Dieppe — Jocelyne, Joëlle et Maryse Planque (lecture de l'album).

Page 15 de l’album ↗
« 1959 — Départ pour la colo — Jean-Paul Prévost », légende manuscrite.

« 1959 — Départ pour la colo — Jean-Paul Prévost », légende manuscrite.

Page 15 de l’album ↗
« 1958 au Refuge du Boret », légende de l'album.

« 1958 au Refuge du Boret », légende de l'album.

Page 15 de l’album ↗

Passage 7 · 1951–1964

Les légions, les dortoirs et les trois chalets

À la descente du car, à l'appel de son nom, chaque enfant est classé par légion selon son âge. La session des garçons se tient en juillet, celle des filles en août ; chaque session compte sept légions — six pour les filles, avec une légion complémentaire de petits garçons — et de 170 à 180 enfants. Les vastes dortoirs portent des noms de régions : Normandie, Vallée de Bresle, Picardie, Forêt d'Eu, Flandres, Artois, Île-de-France, Savoie, Faucigny.

Ils se répartissent dans trois chalets : celui du père Cesné, construit en 1951 ; le deuxième, élevé en 1956, reçoit le nom de Jean-Louis Marchand ; le troisième est nommé Albert de Prins en 1964. Le père Cesné, gravement accidenté en 1950 dans un « face à face » avec la voiture du maire de Vieux-Rouen-sur-Bresle, était venu présider l'ouverture du chalet de 1951 encore bien handicapé.

Une ancienne colonnette a conservé deux certificats du mérite signés par le père Cesné, pour des chefs d'équipe qui ont su « écouter, encourager et consoler » : l'insigne « Chamois » en 1955 à l'âge de 9 ans, l'insigne « Alpes de France » en 1956.

Le chalet de la colonie, photographié sur la page qui raconte les légions et les dortoirs ; cette photographie ne porte pas de légende.

Le chalet de la colonie, photographié sur la page qui raconte les légions et les dortoirs ; cette photographie ne porte pas de légende.

Page 16 de l’album ↗

Passage 8 · 1955–1962

Les dimanches : uniforme, drapeau et devise

Le dimanche est un rituel : lever des couleurs au garde-à-vous, salut aux drapeaux, messe. Jusqu'en 1956, la messe est célébrée en plein air, sur le balcon de la petite chapelle de Salvagny, pour les villageois et les colons. Puis vient le défilé de toutes les légions, drapeau en tête : uniforme bleu marine et chemise ou corsage blanc, écusson cousu côté cœur, foulard bleu et rouge prêté à l'arrivée et rendu au départ. Elizabeth précise que la première semaine s'emploie à marcher au pas, en respectant les colonnes, en chantant « Un kilomètre à pied, ça use, ça use… ».

La devise « Vaillance… Joie, Sourire… Toujours » était « un cri que nous lancions fièrement au pied du mât devant ces montagnes que nous aimions tant ». Bruno, colon en 1960, raconte les rassemblements au pont du Nansec : des touristes voulant rejoindre le chalet-hôtel du Buet, le Père en fait déplacer deux légions pour les laisser passer — puis fait serrer les rangs, si bien qu'au retour ils durent attendre la fin des manifestations.

Les rassemblements sont aussi l'inspection du Père, « comme à l'armée ». Le dimanche, l'inspection des dortoirs et des casiers est « un moment d'appréhension et de grande solitude » : colons et colonnettes au garde-à-vous au pied du lit, réponse de la légion — « La Cordée » crie « Toujours plus haut » —, le rideau du casier soulevé de la pointe de la canne, le grand mouchoir blanc sorti de la soutane pour vérifier la poussière.

Page 17 de l'album, datée 1956 : enfants au garde-à-vous le long d'une allée, un prêtre en soutane présent.

Page 17 de l'album, datée 1956 : enfants au garde-à-vous le long d'une allée, un prêtre en soutane présent.

Page 17 de l’album ↗
Page 17 de l'album, datée 1956 : rassemblement devant le mât, montagne en arrière-plan.

Page 17 de l'album, datée 1956 : rassemblement devant le mât, montagne en arrière-plan.

Page 17 de l’album ↗
Page 18 de l'album, où sont portées les années 1955, 1957 et 1958 : rangée de colonnettes en uniforme, drapeau en tête.

Page 18 de l'album, où sont portées les années 1955, 1957 et 1958 : rangée de colonnettes en uniforme, drapeau en tête.

Page 18 de l’album ↗
Page 18 de l'album : deux colonnettes en uniforme devant le chalet.

Page 18 de l'album : deux colonnettes en uniforme devant le chalet.

Page 18 de l’album ↗
Page 19 de l'album, datée 1962 : le mât et son drapeau dans l'alpage, au pied duquel la devise était criée.

Page 19 de l'album, datée 1962 : le mât et son drapeau dans l'alpage, au pied duquel la devise était criée.

Page 19 de l’album ↗
Page 19 de l'album, datée 1962 : garçons en uniforme passés en revue par un prêtre en soutane.

Page 19 de l'album, datée 1962 : garçons en uniforme passés en revue par un prêtre en soutane.

Page 19 de l’album ↗
« Cet écusson, emblème de la Colo Vaillance & Sourire. Tout un symbole ! », légende de l'album.

« Cet écusson, emblème de la Colo Vaillance & Sourire. Tout un symbole ! », légende de l'album.

Page 24 de l’album ↗

Passage 9 · 1952

L'inauguration, la résine et les flammes

Michèle Archambault, cheftaine, a raconté l'inauguration officielle de 1952, celle des deux premiers chalets — la cuisine-réfectoire et le grand chalet : des chefs, aidés de l'infirmière « Toutoune », faisaient fondre de la résine sur les feux de la cuisine pour préparer les flambeaux de la veillée. « La résine s'est mise à fondre et a pris feu !… La cuisine et le réfectoire ont eu… très chaud !! » Un groupe de garçons, monté à Commune par le télésiège de 1952, situé alors à hauteur de Maison-Neuve, vit une épaisse fumée noire s'échapper du réfectoire.

Pendant que les autorités déjeunaient, les enfants chantaient dans la salle des moniteurs : « C'est à boire, à boire, à boire… qu'il nous faut ! ». Et l'Évêque aurait dit, à un moment : « Ils sont gentils, ces petits ! ».

Le chant de la colonie, écrit sur l'air et la musique de la 2ème DB, est présenté par l'album comme « un chant dont les paroles sont un hommage rendu à Dieu par des enfants ». Le 10 août 1952, la première exécution du chant officiel avait été annoncée par l'album d'inauguration ; les dates portées sur cette page, 1952, 1956 et 1957, couvrent plusieurs années.

Célébration en plein air, avec la mention manuscrite « 1952 » ; page du chant de la colonie.

Célébration en plein air, avec la mention manuscrite « 1952 » ; page du chant de la colonie.

Page 20 de l’album ↗

Passage 10 · 1950–1957

Les corvées, les dortoirs et la neige du 15 août 1957

« Avez-vous oublié les corvées de pluches ? » demande Nicole, qui découvre pour la première fois « un économe, cet instrument qui sert à éplucher les légumes à la place du couteau de cuisine ». Il y a aussi les corvées d'entretien : il faut humecter le plancher de bois du dortoir avant de balayer, sinon la poussière vole aux quatre coins de la pièce. Les chefs et cheftaines dorment dans le même dortoir que les enfants ; la cheftaine Alice dit le soir : « Je vais rouler ma viande dans le torchon » — les deux draps cousus ensemble portent ce nom de « sac à viande ».

Les lits superposés ont un cadre en fer et un matelas sous housse plastifiée : la housse colle aux fesses, fait du bruit quand un enfant remue la nuit, et les cheveux des filles du lit du bas s'accrochent aux grilles du sommier supérieur. On est réveillés vers 7 heures en musique, au son des airs savoyards, des marches militaires et des chants patriotiques. Avec la multiplication des chalets, les lits superposés disparaissent ; l'album montre le dortoir « Vallée de Bresle » en 1962, décoré d'après les Contes de Perrault.

Les souvenirs gardent aussi les intempéries : en août 1956, un violent orage avec « une boule de feu » tombée près du chalet confine les cheftaines et les colonnettes dans les dortoirs, fenêtres closes ; le 15 août 1957, au réveil, tout le site de Salvagny est recouvert de neige, la cérémonie extérieure est annulée et la neige a fondu le lendemain. « Comme le prouve la photo ci-dessous, le lac d'Anterne, au mois d'août et pourtant effet d'hiver ! »

« Nicole aux pluches », légende manuscrite, avec l'année 1956.

« Nicole aux pluches », légende manuscrite, avec l'année 1956.

Page 22 de l’album ↗
Dortoir de la colonie ; cette photographie ne porte pas de légende. Le texte de la page cite le dortoir « Vallée de Bresle » en 1962.

Dortoir de la colonie ; cette photographie ne porte pas de légende. Le texte de la page cite le dortoir « Vallée de Bresle » en 1962.

Page 23 de l’album ↗
Le lac d'Anterne photographié au mois d'août (« effet d'hiver »), page qui mentionne aussi la chapelle de Salvagny.

Le lac d'Anterne photographié au mois d'août (« effet d'hiver »), page qui mentionne aussi la chapelle de Salvagny.

Page 26 de l’album ↗

Passage 11 · 1981

La Fruitière, la colonie Challetaz et la fin du Père

L'album garde deux adresses de Sixt : la fromagerie de Salvagny, appelée « la Fruitière », dont Geneviève se souvient encore — un gîte-auberge la remplace aujourd'hui — et le chalet de la colonie « Challetaz » de Sixt, où les religieuses de cette colonie offraient des glaces aux colons en visite.

« Le Père Cesné fut le fondateur et l'animateur de la Colonie « Vaillance & Sourire » à laquelle il a consacré sa vie jusqu'à 1981. Il décéda le 24 décembre 1981 et fut inhumé à Gournay-en-Bray le 29 décembre 1981. »

Cette suite de souvenirs a été rassemblée et recopiée par les anciens colons et colonnettes eux-mêmes ; le site la reproduit telle quelle. L'album écrit « Salvagny », quand les autres pages du site écrivent « Salavagny ». Les personnes photographiées ne sont pas toutes identifiées, et certaines lectures de noms restent à confirmer.

« Notre visite au chalet de la Colonie Challetaz de Sixt où des glaces nous étaient offertes par les Religieuses de cette Colo », légende de l'album.

« Notre visite au chalet de la Colonie Challetaz de Sixt où des glaces nous étaient offertes par les Religieuses de cette Colo », légende de l'album.

Page 25 de l’album ↗
Bâtiment photographié en bas de la page qui annonce la mort du fondateur ; cette photographie ne porte pas de légende.

Bâtiment photographié en bas de la page qui annonce la mort du fondateur ; cette photographie ne porte pas de légende.

Page 25 de l’album ↗

Passage 12 · 1952–1958

Le réveil en musique, l'inspection et le courrier « au pas de course »

Dès l'attribution des dortoirs vient le choix du lit — un moment intense pour Sylvie et Elizabeth, deux cousines qui refusaient d'être séparées. Le réveil, à 7 h 30, se fait sur une musique militaire : draps et couvertures pliés au carré au pied du lit, toilette rapide aux lavabos du sous-sol, puis le réfectoire. Les douches sont hebdomadaires, à deux par cabine, « en trois temps sur un rythme militaire ».

À l'inspection, toutes attendent en uniforme au pied du lit ; le Père soulève le rideau de jute qui masque les casiers. Elizabeth le revoit « dans l'encadrement de la porte avec son air martial, immense et impressionnant dans sa soutane noire ». Le soir, pour s'endormir, un petit électrophone posé sur la première marche de l'escalier joue l'Adagio d'Albinoni.

Le courrier se distribue au pas de course. Les friandises des colis sont confisquées et partagées anonymement ; les magazines sentimentaux finissent à la poubelle, et une lettre ornée d'un cœur fléché vaut à la « fautive » un sermon et une lettre aux parents. Denise, qui avait oublié ses Pataugas à la gare de Dieppe, les reçut par colis… avec des pêches du jardin, arrivées moisies.

Page 31 de l'album : un prêtre en soutane et des enfants devant le chalet. Les personnes ne sont pas nommées sur la page.

Page 31 de l'album : un prêtre en soutane et des enfants devant le chalet. Les personnes ne sont pas nommées sur la page.

Page 31 de l’album ↗
Page 31 de l'album, légendes manuscrites : « 1958, les Paras et Cheftaine Bernadette » et « 1957, les décorées » (année 1952 portée en tête).

Page 31 de l'album, légendes manuscrites : « 1958, les Paras et Cheftaine Bernadette » et « 1957, les décorées » (année 1952 portée en tête).

Page 31 de l’album ↗

Passage 13 · 1957–1967

Les cabanes du Giffre et le tronc d'arbre de 1957

En juillet, les garçons se font architectes et bâtisseurs de cabanes — et même de ponts — dans la forêt qui longe le Giffre ; en août, les filles en profitent et les parent de fleurs. Le Père vient en visite officielle admirer les décorations ; en août 1958, accompagné de la cheftaine Jacqueline Lejeune, il remet aux cabanes les « scalps rouge et bleu ». On y répète aussi spectacles et chants.

En 1967, la légion des garçons s'appelle « La Mission », et c'est aussi le thème des cabanes, bien plus élaborées que celles des années cinquante ; la famille Chrétien (Chantal, Colette et Michèle), toujours fidèle à Salvagny, vient les admirer.

Les règles de sécurité n'étaient pas celles d'aujourd'hui : en août 1957, pour éviter un détour, les filles de la première légion franchissent le Giffre à cheval sur un tronc d'arbre. « Nous étions vraiment inconscientes du danger !! »

Page 32 de l'album : construction en bois au bord du torrent, datée 1967.

Page 32 de l'album : construction en bois au bord du torrent, datée 1967.

Page 32 de l’album ↗
Page 32 de l'album : groupe assis en plein air, daté 1958.

Page 32 de l'album : groupe assis en plein air, daté 1958.

Page 32 de l’album ↗
Page 33 de l'album : une cabane de rondins des garçons, 1967 ; l'album évoque la visite de la famille Chrétien, sans nommer chaque personne.

Page 33 de l'album : une cabane de rondins des garçons, 1967 ; l'album évoque la visite de la famille Chrétien, sans nommer chaque personne.

Page 33 de l’album ↗
Page 33 de l'album : autre vue des cabanes, sans légende propre.

Page 33 de l'album : autre vue des cabanes, sans légende propre.

Page 33 de l’album ↗
Page 33 de l'album, datée 1957, près du passage sur le Giffre.

Page 33 de l'album, datée 1957, près du passage sur le Giffre.

Page 33 de l’album ↗

Passage 14 · 1955–1965

Les veillées du dimanche : théâtre, danse, chants et feux de camp

Le labeur de la semaine se termine dans la joie des veillées. Le dimanche soir, Savoyards et vacanciers sont invités : les filles jouent « La Belle et la Bête » ou « La Noce à Aimée », dansent, et donnent des concerts de chants sous la direction de Catherine Gallière. Michèle Archambault a gardé en photo les feux de camp, où jeux scéniques et chants faisaient l'essentiel de la soirée.

Les styles changent avec les années. En août 1963, les Pères Jean et Georges, déguisés, présentent les artistes ; les colonnettes dansent sur le thème de « l'Aventure ». En août 1964, les Aînées s'exercent au lancer de bâton de majorettes, et en 1965 la présentatrice vedette est Catherine Gallière. Costumes plus travaillés, couturières mises à contribution — « et c'est le début des photos en couleur ! ».

Les jeunes colons présentent aussi, en 1965, un spectacle « Les Marquises et les Marquis », où l'album signale Patrick et Hélène Cesné. Les garçons, eux, brillent par le chant — « La complainte de Mandrin », « Perrine était servante »… — sous la baguette du Chef Éric.

Page 34 de l'album, 1955 : danse en plein air dans l'alpage.

Page 34 de l'album, 1955 : danse en plein air dans l'alpage.

Page 34 de l’album ↗
Page 34 de l'album, 1955 : groupe costumé pour un jeu scénique.

Page 34 de l'album, 1955 : groupe costumé pour un jeu scénique.

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Page 34 de l'album, 1955 : la troupe en chapeaux et costumes.

Page 34 de l'album, 1955 : la troupe en chapeaux et costumes.

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Page 34 de l'album : un feu de camp, photo attribuée par l'album à Michèle Archambault.

Page 34 de l'album : un feu de camp, photo attribuée par l'album à Michèle Archambault.

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Page 34 de l'album : veillée autour du feu, la nuit.

Page 34 de l'album : veillée autour du feu, la nuit.

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Page 35 de l'album, « Suite de nos veillées » : danse, avec les mentions août 1956 et 1957.

Page 35 de l'album, « Suite de nos veillées » : danse, avec les mentions août 1956 et 1957.

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Page 36 de l'album, années 1963–1965 : danse des colonnettes, en couleur.

Page 36 de l'album, années 1963–1965 : danse des colonnettes, en couleur.

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Page 36 de l'album : présentation de la veillée devant le public ; l'album cite les Pères Jean et Georges déguisés en 1963.

Page 36 de l'album : présentation de la veillée devant le public ; l'album cite les Pères Jean et Georges déguisés en 1963.

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Page 36 de l'album : une présentatrice costumée ; l'album nomme Catherine Gallière pour 1965, sans préciser la photo.

Page 36 de l'album : une présentatrice costumée ; l'album nomme Catherine Gallière pour 1965, sans préciser la photo.

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Page 36 de l'album : groupe en costume devant le chalet.

Page 36 de l'album : groupe en costume devant le chalet.

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Page 37 de l'album, 1965 : « Les Marquises et les Marquis ». L'album signale Patrick et Hélène Cesné sur ces photos.

Page 37 de l'album, 1965 : « Les Marquises et les Marquis ». L'album signale Patrick et Hélène Cesné sur ces photos.

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Page 37 de l'album, 1965 : autre vue du spectacle « Les Marquises et les Marquis ».

Page 37 de l'album, 1965 : autre vue du spectacle « Les Marquises et les Marquis ».

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Passage 15 · 1952–1970

Le réfectoire, le pain de Monsieur Pin et la boutique d'Anna

Le réfectoire — les anciens dortoirs devenus salle à manger — paraît immense. Le risotto et les épinards ne passent pas toujours ; un jour, la purée sort sucrée au lieu de salée. Bruno, moniteur en 1970, se souvient d'une nuit où tout son dortoir faisait la queue devant les W.-C. Au début des années cinquante, les tomates en vinaigrette sont une découverte que tout le monde n'apprécie pas.

Le pain vient du boulanger de Sixt, Monsieur Pin, « un artisan hors pair » ; on entend dès 6 heures le déclic de la trancheuse. Une colonnette avoue avoir aidé à débarrasser les tables pour récupérer le beurre des autres. Avant les repas, on dit le bénédicité ; le soir, on chante les actions de grâces au pied d'un calvaire.

La messe est dite chaque jour à 6 h 30 à la chapelle de Salvagny. La sieste se fait dehors, dans le bois — on y mange plus de myrtilles qu'on ne dort. Les jours de pluie, on projette « Tintin et Milou » en diapositives, et le Père Jean expose les photos du séjour, que l'on commande. En fin de séjour, Anna, commerçante de Samoëns surnommée « Mère sans Souci », installe chalets en bois, cannes gravées et edelweiss ; à la fromagerie, on achète du reblochon.

Page 41 de l'album, 1957 : Monique Paris et Geneviève Dufour à l'échelle.

Page 41 de l'album, 1957 : Monique Paris et Geneviève Dufour à l'échelle.

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Page 41 de l'album : groupe de colonnettes devant le chalet ; l'album ne les nomme pas.

Page 41 de l'album : groupe de colonnettes devant le chalet ; l'album ne les nomme pas.

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Passage 16 · 1952–1959

Remises de décorations, lessive au lavoir et objets trouvés

L'album montre une remise de décorations où Jean-Michel Desjonquères porte le drapeau, et l'ascension du Buet avec Bernard Gallière. L'argent de poche, maigre, sert aux timbres, cartes et cadeaux ; chefs et cheftaines tiennent le compte sur un cahier.

Le jour de la lessive, on descend au lavoir, en bas du chemin caillouteux qui mène à la chapelle, laver son petit linge avec son propre savon ; il sèche sur la barre au-dessus du bac, et « rien n'était volé à l'époque ». Nicole rappelle la distribution des objets trouvés : le Père, qui tenait à l'ordre, faisait honte à qui avait égaré quelque chose.

Page 43 de l'album : remise de décorations, drapeau porté — l'album nomme Jean-Michel Desjonquères.

Page 43 de l'album : remise de décorations, drapeau porté — l'album nomme Jean-Michel Desjonquères.

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Page 44 de l'album, 1952 : rassemblement en uniforme devant un prêtre.

Page 44 de l'album, 1952 : rassemblement en uniforme devant un prêtre.

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Page 44 de l'album, 1952 : rassemblement devant un petit bâtiment de bois.

Page 44 de l'album, 1952 : rassemblement devant un petit bâtiment de bois.

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Passage 17 · 1955–1965

Les journées de légion : patates crues, orages et faux Déchargeux

Jacques se souvient d'une excursion au lac de Gers vers 1955 : un radeau chavire avec cinq gamins, un Père et une cheftaine. Quand le personnel de cuisine prend son jour de repos, c'est « Journée de légion ». En 1957, aux chalets du Lignon, l'orage éclate au moment d'allumer le feu : on chante toute la journée à l'abri des greniers à foin, le ventre vide.

En 1958, les « Paras » et leur cheftaine Catherine Gallière, qui devaient cuisiner au Déchargeux, n'arrivent qu'au « Faux-Déchargeux » ; le Père, qui les a cherchées, fait contre mauvaise fortune bon cœur — mais on en reparle jusqu'à la fin de la colo. En 1960, aux chalets du Fardelay, les cheftaines ont oublié les allumettes.

Après le repas, on fait la vaisselle des « bonames » dans le torrent, au sable noir. L'album montre aussi les journées de Nicole au Pont rouge (août 1962) et aux petits sapins (août 1964), et Catherine Gallière en « inconnue » en 1965. Elizabeth préférait ces journées pour les jeux et les concours de tables décorées et de cuisine.

Page 45 de l'album, 1958 : cuisine au feu de bois en forêt.

Page 45 de l'album, 1958 : cuisine au feu de bois en forêt.

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Page 45 de l'album, 1958 : la légion assise dans l'herbe autour de sa cheftaine.

Page 45 de l'album, 1958 : la légion assise dans l'herbe autour de sa cheftaine.

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Page 46 de l'album, années 1955 et 1958 portées sur la page : groupe en journée de légion.

Page 46 de l'album, années 1955 et 1958 portées sur la page : groupe en journée de légion.

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Page 46 de l'album, 1957 : préparation du repas à même le sol.

Page 46 de l'album, 1957 : préparation du repas à même le sol.

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Page 47 de l'album, 1964 : repas au bord de l'eau, en forêt.

Page 47 de l'album, 1964 : repas au bord de l'eau, en forêt.

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Passage 18 · 1953–1965

Crapahuter : le Boret, le Dérochoir, Anterne et le Buet

La grande soif des enfants, c'est de « crapahuter » : lac et col d'Anterne, Dérochoir, Buet, Pointe de Salles, Pointe Perfia ; selon l'âge, Commune, Tête de Porte, chalet-hôtel du Buet, chalets des Fonts, gorges des Tines — et pour tous, le Cirque du Fer-à-Cheval, aller-retour à pied. Le Père Jean apprend à faire de longues enjambées en montant et à bien assurer sur les genoux en descendant ; le goûter, c'est du pain et une barre de chocolat Poulain.

En 1958, les « Paras » franchissent le Pas du Boret avec le Père Cesné pour guide, qui nomme chaque sommet ; au refuge, on boit du « lait fleuri ». Aux Crépines, les colonnettes écoutent les histoires savoyardes du Père. En 1965, Bruno part 48 heures avec la première légion et le moniteur Yves Desplanques pour voir le soleil se lever sur le Mont Blanc depuis le Dérochoir — et un sac de couchage s'échappe de l'autre côté du col.

Au col d'Anterne, le Père Jean montre et nomme les étoiles, puis enfile son bonnet de coton pour ne pas défaire ses crans. Au chalet-hôtel du Buet, la cheftaine Gilette Cirette recoud le short de Christiane De Boissard : « j'couds tout ! ». Le 15 août 1973, Maryse — l'autrice du récit — et son mari rendent visite au Père, qui ressort les cahiers des années cinquante et soupire que les colons d'aujourd'hui « n'ont plus rien à voir » avec ceux de leur génération.

Page 42 de l'album : le Père Cesné essaie de s'orienter à la carte, sans boussole — « il ne s'agit pas d'un lieu familier », note l'album.

Page 42 de l'album : le Père Cesné essaie de s'orienter à la carte, sans boussole — « il ne s'agit pas d'un lieu familier », note l'album.

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Page 42 de l'album : François-Xavier Vasseur « en plein effort » dans la pente.

Page 42 de l'album : François-Xavier Vasseur « en plein effort » dans la pente.

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Page 43 de l'album : l'ascension du Buet avec Bernard Gallière ; l'album précise que la plaque de Jean-Louis Marchand est sur l'autre versant, vers la station du Buet.

Page 43 de l'album : l'ascension du Buet avec Bernard Gallière ; l'album précise que la plaque de Jean-Louis Marchand est sur l'autre versant, vers la station du Buet.

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Page 48 de l'album : groupe assis en montagne ; la page porte 1953 et « 1958, pause au refuge des Fonts », sans préciser laquelle des deux.

Page 48 de l'album : groupe assis en montagne ; la page porte 1953 et « 1958, pause au refuge des Fonts », sans préciser laquelle des deux.

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Page 49 de l'album : haltes en montagne — 1957, « Halte aux Fougères après 3 heures de marche » (1958) et « Rocher du Braidon » (1960).

Page 49 de l'album : haltes en montagne — 1957, « Halte aux Fougères après 3 heures de marche » (1958) et « Rocher du Braidon » (1960).

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Page 50 de l'album, 1958 : la légion dans l'herbe, au Pas du Boret ou aux Crépines (les deux légendes sont sur la page).

Page 50 de l'album, 1958 : la légion dans l'herbe, au Pas du Boret ou aux Crépines (les deux légendes sont sur la page).

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Page 51 de l'album : paysage d'altitude près de la Pointe Perfia.

Page 51 de l'album : paysage d'altitude près de la Pointe Perfia.

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Page 51 de l'album, 1958 : pause en montagne.

Page 51 de l'album, 1958 : pause en montagne.

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Page 52 de l'album : sommets vus des alpages (Pointe de Sales ou Avoudrues, légendes de la page).

Page 52 de l'album : sommets vus des alpages (Pointe de Sales ou Avoudrues, légendes de la page).

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Page 52 de l'album : en direction du chalet-hôtel du Buet.

Page 52 de l'album : en direction du chalet-hôtel du Buet.

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Page 53 de l'album : carte postale « Sixt – La route du col d'Anterne ».

Page 53 de l'album : carte postale « Sixt – La route du col d'Anterne ».

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Page 53 de l'album : « Le Cheval Blanc et le Mont Blanc ».

Page 53 de l'album : « Le Cheval Blanc et le Mont Blanc ».

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Page 53 de l'album : suite du panorama du Cheval Blanc et du Mont Blanc.

Page 53 de l'album : suite du panorama du Cheval Blanc et du Mont Blanc.

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Page 54 de l'album : le chalet-hôtel du Buet.

Page 54 de l'album : le chalet-hôtel du Buet.

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Page 55 de l'album : deux cheftaines au repos en excursion ; elles ne sont pas nommées sous la photo.

Page 55 de l'album : deux cheftaines au repos en excursion ; elles ne sont pas nommées sous la photo.

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Passage 19 · 1953–1957

Courses au trésor, parcours Hébert et la Citroën « Rosalie »

En fin d'été viennent les colchiques, les myrtilles et les gentianes ; le Père Jean inspecte les bouches au retour de la cueillette, et les filles aux lèvres bleues sont privées de dessert. Les courses au trésor envoient les équipes interroger les habitants de Salvagny ou chercher des objets cachés dans la forêt. En 1957, il faut subir les épreuves du parcours Hébert, méthode d'éducation physique « naturelle ».

Les anciens colons reconnaîtront leur Chef « Tonnerre » : Bernard Gallière. Pourquoi ce surnom ? La rumeur rapportée par l'album dit que le Père Cesné l'aurait contacté pour lui proposer une place de « mono » et qu'il aurait répondu « C'est du tonnerre ! » — à tout propos, Bernard glissait le mot « tonnerre » dans ses phrases.

Le Père possède une petite Citroën fourgonnette que les colons ont baptisée « Rosalie », et qu'ils saluent en chanson quand ils la croisent. Jean-Michel raconte qu'en 1953, en froid avec l'Évêché, le Père invite quinze jours à la colo le cardinal Martin, archevêque de Rouen : à table, celui-ci pose sa serviette blanche sur sa tête — « Ici, c'est le Mont Blanc ! » — puis arrive à l'église d'Assy dans la modeste « Rosalie », à la grande surprise du comité d'accueil.

Page 56 de l'album : le Chef « Tonnerre », Bernard Gallière.

Page 56 de l'album : le Chef « Tonnerre », Bernard Gallière.

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Page 56 de l'album : petite scène de montagne collée à côté du portrait du Chef « Tonnerre » ; l'album ne la légende pas.

Page 56 de l'album : petite scène de montagne collée à côté du portrait du Chef « Tonnerre » ; l'album ne la légende pas.

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Page 57 de l'album, 1957 : les épreuves du parcours Hébert.

Page 57 de l'album, 1957 : les épreuves du parcours Hébert.

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Page 59 de l'album : le Père Cesné photographié par le cardinal Martin devant l'église d'Assy, Notre-Dame-de-Toute-Grâce, à côté de la 2 CV « La Rosalie ».

Page 59 de l'album : le Père Cesné photographié par le cardinal Martin devant l'église d'Assy, Notre-Dame-de-Toute-Grâce, à côté de la 2 CV « La Rosalie ».

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Passage 20 · Années 1950

La route de la cascade du Rouget : baromètre, framboises et jeux

L'album colle en page 59 l'article de presse annonçant la mort du cardinal Joseph Martin, ancien archevêque de Rouen, daté du 21 janvier 1976 — celui-là même qui avait séjourné à la colo et découvert la « Rosalie ». La photo prise par lui devant l'église d'Assy rejoint ainsi le récit.

Danièle, passionnée de nature, se souvient d'un « baromètre » original à la sortie de Salvagny, en direction de la cascade du Rouget : en réalité une fourche de coudrier fixée sur la porte de la dernière grange, qu'on consultait en passant pour savoir le temps de la journée.

La route de la cascade n'était alors que de la terre gravillonnée ; les rares voitures s'arrêtaient au pont de Sales, après la scierie aujourd'hui disparue, et les touristes finissaient à pied jusqu'à la « Reine des Alpes ». Vers la scierie, les gourmands se régalaient de framboises cachées dans les hautes herbes, pendant que la cheftaine cherchait les retardataires. Les colons tenaient à ce domaine piéton et gênaient volontiers les voitures ; au début des années cinquante, les filles y jouaient assises en rond, et les garçons préféraient la prise de foulard.

Page 60 de l'album : la cascade du Rouget, « la Reine des Alpes ».

Page 60 de l'album : la cascade du Rouget, « la Reine des Alpes ».

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Page 60 de l'album : fleurs de montagne au bord du chemin (carte postale).

Page 60 de l'album : fleurs de montagne au bord du chemin (carte postale).

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Page 60 de l'album : anémones pulsatilles en gros plan (carte postale) ; l'album ne précise pas le lieu.

Page 60 de l'album : anémones pulsatilles en gros plan (carte postale) ; l'album ne précise pas le lieu.

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